Fêtes de fin d’année : enjeux pour les proxipraticien·ne·s

You are currently viewing Fêtes de fin d’année : enjeux pour les proxipraticien·ne·s

Fêtes de fin d’année : quels enjeux pour les proxipraticien·ne·s ? Pourquoi s’y intéresser ?

illustration loupe

Par le Dr Antoine Canat, médecin ressources au sein de Généralistes et Addictions Hauts de France

Les fêtes de fin d’année sont souvent associées à la convivialité et au plaisir.

Pourtant, elles s’inscrivent dans une histoire ancienne, bien antérieure aux fêtes chrétiennes.

Les fêtes de l’hiver, célébrées autour du solstice, répondaient à une même fonction : faire face collectivement à une période perçue comme menaçante (froid, obscurité, ralentissement de la vie sociale, peur de la mort).

Rites d’hiver et transgressions :

Dans l’Antiquité, les Saturnales romaines illustraient cette logique. Pendant quelques jours, l’ordre social était partiellement suspendu : banquets, alcool, relâchement des normes, inversion symbolique des rôles.

Il ne s’agissait pas d’un désordre anarchique, mais d’une transgression ritualisée, limitée dans le temps, ayant pour fonction de renforcer le lien social.

L’ivresse et les excès faisaient partie du rituel. Ils permettaient une altération volontaire de la conscience, offrant une mise à distance temporaire des contraintes et des angoisses.

la transgression à l’injonction à la fête :

Aujourd’hui, le cadre rituel a disparu, mais la fête demeure. Elle s’accompagne désormais d’une forte injonction sociale : il faudrait se réunir, partager, être joyeux.

Ne pas participer peut être vécu comme une anomalie, parfois même comme une faute sociale ou familiale. Cette injonction peut être particulièrement coûteuse pour certaines personnes, notamment celles déjà vulnérables sur le plan psychique ou addictologique.

Enjeux addictologiques contemporains :

Sur le plan addictologique, la période des fêtes de fin d’année est bien identifiée comme une période à risque :

  • Augmentation des consommations d’alcool et parfois d’autres substances,
  • Banalisation des excès,
  • Fragilisation des personnes en réduction ou en arrêt de consommation,
  • Recrudescence des consommations solitaires ou dissimulées.

Les consommations peuvent alors remplir différentes fonctions : anxiolytique, dissociative (mettre à distance affects douloureux, solitude, deuil), conformiste (se fondre dans le groupe, éviter le stigmate), anesthésiante (atténuer la souffrance psychique). La disparition d’un cadre rituel clair laisse parfois place à des excès moins contenus, plus prolongés, et potentiellement plus dommageables.

Quels points de vigilance pour les proxipraticien·ne·s ?

Les proxipraticien·ne·s occupent une place clé dans l’accompagnement de cette période particulière et certains publics méritent une attention accrue :

  • Personnes en sevrage ou en réduction de consommation,
  • Personnes isolées ou en situation de précarité sociale,
  • Troubles psychiatriques associés,
  • Antécédents de rechute saisonnière,
  • Contextes de deuil ou de conflits familiaux.

Quels points de vigilance pour les proxipraticien·ne·s ?

Les proxipraticien·ne·s occupent une place clé dans l’accompagnement de cette période particulière et certains publics méritent une attention accrue :

  • Personnes en sevrage ou en réduction de consommation,
  • Personnes isolées ou en situation de précarité sociale,
  • Troubles psychiatriques associés,
  • Antécédents de rechute saisonnière,
  • Contextes de deuil ou de conflits familiaux.

Comment soutenir l’accompagnement pendant les fêtes ?

Quelques leviers simples peuvent être mobilisés en pratique :

  • Nommer la période comme potentiellement à risque, sans dramatisation ni injonction,
  • Anticiper avec la personne les situations festives ou difficiles,
  • Valoriser les stratégies de protection déjà existantes,
  • Rappeler que la non-participation ou la participation partielle est une option légitime,
  • Maintenir le lien de soin, même de manière souple, durant cette période.

Le conseil de Généralistes et Addictions Hauts de France

Les fêtes de fin d’année ne sont ni anodines ni universellement joyeuses.Elles constituent un moment de vulnérabilité pour certaines personnes, mais aussi une opportunité pour les proxipraticien·ne·s d’ouvrir le dialogue, de prévenir et de soutenir, sans jugement. L’objectif n’est pas d’interdire la fête, mais d’accompagner avec lucidité, en tenant compte des fonctions psychiques et sociales que les consommations peuvent occuper. Si la situation vous paraît complexe, n’hésitez-pas à vous rapprocher du pôle d’Intervision de votre secteur (gahdf.fr/evenements/) afin de pouvoir échanger en intervision avec les professionnels accompagnant ce patient et des experts en addictologie »

Les images ont été générées à partir des vecteurs de pch.vector sur freepix.fr ou de chat gpt


Association financée par L‘ARS Hauts de France sur un fond FIR
Plus d’informations : nous contacter