Cocaïne ; et si c’était déjà dans votre patientèle ?

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Cocaïne ; et si c’était déjà dans votre patientèle ?

illustration loupe

Par le Dr Antoine Canat, médecin ressources au sein de Généralistes et Addictions Hauts de France

Une réalité en forte progression

La consommation de cocaïne connaît une augmentation marquée en France, avec une diffusion dans tous les milieux sociaux et sur l’ensemble du territoire.

En population générale, on estime aujourd’hui à plus d’1 million le nombre de consommateurs dans l’année, soit environ 2 à 3 % des adultes qui déclarent un usage de cocaïne dans l’année.

👉🏻 Cela représente, pour une patientèle de médecine générale de 1 000 patients adultes, environ 25 à 30 personnes concernées.

Autrement dit : vous êtes très probablement déjà concernés dans votre pratique, même si cela ne se voit pas.

La cocaïne est désormais la 2e substance illicite consommée après le cannabis en France.

En pratique : quelle réalité en soins de premier recours ?

Dans une patientèle de médecine générale ou en officine :

  • La consommation est souvent présente mais peu exprimée
  • Elle concerne des profils très variés : festif, professionnel, précarité, sexualité, performance

Qui sont les patients concernés ?

La cocaïne touche aujourd’hui tous les milieux sociaux et tous les territoires (urbains et ruraux).

Les profils d’usage de cocaïne sont variés, ils concernent aussi bien de jeunes adultes, des professionnels soumis à une pression (performance, rythme, fatigue), les contextes festifs ou sexuels, mais aussi des personnes en situation de précarité.

Certaines professions sont plus exposées :

  • Métiers à horaires décalés, travail de nuit
  • Secteurs festifs, restauration, transport • Professions à forte exigence de performance

Facteurs de risque à repérer

  • Début précoce de consommation
  • Poly-usage de substances
  • Antécédents addictifs
  • Comorbidités psychiatriques
  • Instabilité sociale ou résidentielle
  • TDAH

Le RPIB : un levier clé

La cocaïne est une substance rarement spontanément évoquée en consultation. Pourtant intervenir tôt est déterminant :

👉🏻 le délai moyen avant une première demande de soin est d’environ 10 à 12 ans

Le Repérage Précoce et Intervention Brève (RPIB) est donc essentiel

Le rôle du proxipraticien

Le rôle du proxipraticien est essentiel puisqu’il est un acteur du repérage précoce, souvent le premier interlocuteur d’un parcours de soins mais aussi un point d’ancrage dans l’accompagnement. Il ne s’agit pas de tout faire seul, mais d’initier un dialogue, de procéder à une approche motivationnelle, d’orienter vers des ressources bio-psycho-sociales du territoire ou encore coordonner les soins à la fois de la dimension addictive, des comorbidités somato-psychiatriques et des complications liées aux usages. L’accompagnement s’inscrit dans une dynamique progressive et coordonnée

Le conseil de Généralistes et Addictions Hauts de France :

Il est important de valoriser le patient lorsqu’il évoque, même partiellement, une consommation de cocaïne. Ces usages sont souvent peu spontanément exprimés et peuvent rester longtemps non repérés.
Le repérage précoce repose sur des questions simples, posées sans jugement, et permet d’ouvrir un espace de dialogue autour des consommations et de leurs conséquences.
Une attention particulière doit être portée au poly-usage et aux situations de vulnérabilité associées.En cas de difficulté face à ce type de situation, n’hésitez pas à vous rapprocher du Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie le plus proche de votre lieu d’exercice ou du pôle d’Intervision de votre secteur afin de pouvoir échanger en intervision avec les professionnels accompagnant ce patient et des experts en addictologie.

Pour aller plus loin

À venir Une prochaine diffusion de Généralistes et Addictions Hauts de France sera dédiée à la cocaïne basée (crack), avec un focus sur les spécificités cliniques et l’accompagnement en proxipraxie.

Les images ont été générées à partir des vecteurs de pch.vector sur freepix.fr ou de chat gpt


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